Lee Man-hee en prison : l’ONU interpellée à 95 ans

L’article en bref : Man-Hee Lee, fondateur de l’Église Shincheonji, 95 ans, incarcéré à Séoul dans des conditions jugées inhumaines. Un homme de 95 ans, vétéran de la Guerre de Corée, incarcéré dans une cellule sans climatisation au cœur d’une vague de chaleur historique à Séoul. Ce n’est pas une fiction. C’est la situation réelle ... Lire plus
Maxime
Homme âgé assis seul dans une cellule de prison

L’article en bref : Man-Hee Lee, fondateur de l’Église Shincheonji, 95 ans, incarcéré à Séoul dans des conditions jugées inhumaines.

  • Un homme de 95 ans vétéran de la Guerre de Corée, détenu sans climatisation pendant une vague de chaleur historique depuis le 24 juin 2026
  • Des accusations qualifiées de politiques : CAP Liberté de Conscience dénonce une enquête discriminatoire ciblant une minorité religieuse
  • Une mobilisation internationale : déclaration orale au Conseil des droits de l’homme en septembre 2026 et pétitions auprès du Groupe de travail sur la détention arbitraire
  • Des demandes précises : évaluation médicale indépendante, alternatives à la détention, procès équitable exempt de préjugés religieux
  • L’enjeu fondamental : le respect de l’Article 9 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques garantissant une détention nécessaire et proportionnée

Un homme de 95 ans, vétéran de la Guerre de Corée, incarcéré dans une cellule sans climatisation au cœur d’une vague de chaleur historique à Séoul. Ce n’est pas une fiction. C’est la situation réelle de Man-Hee Lee, fondateur de l’Église de Jésus Shincheonji, depuis le 24 juin 2026.

Je suis juriste, et je dois vous dire : cette affaire m’interpelle profondément. Non pas parce que je prends position sur la culpabilité ou l’innocence d’un prévenu, mais parce que les conditions de détention décrites soulèvent des questions fondamentales sur le respect de la dignité humaine. Des questions que l’ONU elle-même commence à poser par rapport à l’article original CAP LC.

Lee Man-hee en prison : qui est cet homme et pourquoi est-il détenu ?

Un parcours hors du commun

Man-Hee Lee n’est pas un inconnu sur la scène internationale. Né pendant la période coloniale japonaise, il a survécu à la Guerre de Corée avant de fonder, des décennies plus tard, l’Église de Jésus Shincheonji, qui compte aujourd’hui des centaines de milliers de fidèles à travers le monde. Il a également créé HWPL (Heavenly Culture, World Peace, Restoration of Light), une ONG dédiée à l’éducation à la paix et au dialogue interreligieux.

Je me souviens d’un collègue juriste spécialisé en droit international qui m’avait dit un jour : « Le statut d’une organisation dans le système onusien dit beaucoup sur sa légitimité. » HWPL s’inscrit précisément dans cette dynamique. L’organisation mène des initiatives de droit international reconnues bien au-delà des frontières coréennes.

Des accusations qualifiées de politiques

Placé en détention le 24 juin 2026 au Seoul Detention Center, Man-Hee Lee fait face à des chefs d’inculpation que ses soutiens qualifient de « politiquement motivés et non violents. » CAP Liberté de Conscience, organisation parisienne fondée en 1995 et dotée d’un statut consultatif auprès du Conseil économique et social des Nations unies, parle d’une enquête « discriminatoire ciblant une minorité religieuse. »

Des conditions de détention préoccupantes

À 95 ans, détenu dans des cellules dépourvues de climatisation pendant la plus grave vague de chaleur enregistrée à Séoul, la situation médicale de Man-Hee Lee inquiète. Selon CAP Liberté de Conscience, il ne représente aucun risque de fuite et dispose d’une résidence fixe.

Texte juridiqueArticle / RèglePrincipe protégé
Pacte international relatif aux droits civils et politiquesArticle 9Détention nécessaire et proportionnée
Pacte international relatif aux droits civils et politiquesArticle 10Traitement humain des personnes détenues
Pacte international relatif aux droits civils et politiquesArticle 18Liberté de religion ou de croyance
Règles Nelson MandelaSoins de santéNiveau de soins équivalent à la communauté
Règles de TokyoDétention provisoireDernier recours avant jugement

L’ONU interpellée : quelles démarches concrètes ont été engagées ?

Une déclaration orale au Conseil des droits de l’homme

Le 18 septembre 2026, lors de la 63e session du Conseil des droits de l’homme au Palais des Nations à Genève, CAP Liberté de Conscience a présenté une déclaration orale. Cette organisation, membre de la Fédération européenne pour la liberté de croyance et du Réseau européen de la religion et de la croyance, a interpellé directement les instances onusiennes sur le sort de Man-Hee Lee.

Dans le même temps, une pétition officielle a été transmise au Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire ainsi qu’au Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. Ces deux organes ont compétence pour examiner les cas où la détention semble contraire aux normes internationales.

Les demandes formulées par la coalition internationale

Une coalition de dirigeants religieux et d’universitaires kényans a aussi publié une déclaration commune. Les demandes formulées sont précises :

  1. Une évaluation médicale indépendante de l’état de santé de Man-Hee Lee
  2. L’examen d’alternatives à la détention, conformément aux Règles de Tokyo
  3. Un procès équitable, exempt de préjugés ou de discrimination religieuse
  4. Le respect des obligations conventionnelles internationales de la République de Corée

Ces demandes ne remettent pas en cause la souveraineté judiciaire coréenne. Elles expriment une préoccupation humanitaire collective, fondée sur des textes que la Corée du Sud a elle-même ratifiés. C’est là toute la nuance que j’essaie toujours d’expliquer à mes interlocuteurs : réclamer le respect des droits humains n’équivaut pas à interférer dans un système judiciaire national.

La liberté religieuse en question

L’Article 18 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques protège explicitement la liberté de religion ou de croyance. Quand une enquête semble cibler une communauté religieuse minoritaire, cette protection entre immédiatement en jeu. La Plateforme de la société civile des droits fondamentaux, à laquelle participe CAP Liberté de Conscience, surveille précisément ce type de situation en Europe et au-delà.

L’espoir exprimé par les signataires est simple : que la République de Corée, longtemps reconnue comme État démocratique fondé sur l’état de droit, traite cette affaire avec l’équité et la proportionnalité qu’elle affiche sur la scène internationale.

Ce dossier pose une question que tout juriste doit garder en tête : quand l’âge, l’état de santé et la nature des accusations convergent, la détention reste-t-elle la réponse juridiquement et humainement défendable ?

Sources de référence : wiki avocat, légifrance officiel

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